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Le débat autour du dialogue national inclusif, initié sous la facilitation de la CENCO et de l’ECC et annoncé par le président de la République,…
Le débat autour du dialogue national inclusif, initié sous la facilitation de la CENCO et de l’ECC et annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
L’analyste politique Ghislain Bamuangayi Kalumbi s’oppose à la participation de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée au mouvement rebelle M23 et dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Selon lui, les membres de cette coalition ne devraient pas être associés au dialogue en raison des accusations de crimes et de pillage des ressources naturelles qui pèsent sur eux dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Non à ce dialogue qui donne la parole aux criminels, aux pilleurs de nos richesses et aux auteurs du chaos qui cherchent à affaiblir l’État congolais et à renforcer les agresseurs », a-t-il déclaré.
Pour Ghislain Bamuangayi Kalumbi, le Chef de l’État devrait privilégier un cadre d’échanges réunissant uniquement les Congolais, sans la participation des groupes rebelles. Il estime que leur présence au dialogue risquerait de renforcer l’influence du Rwanda dans l’Est de la RDC.
L’analyste politique critique également l’implication de certains responsables religieux dans ce processus. Il affirme que certains évêques seraient, selon lui, proches des acteurs qu’il accuse de contribuer à la déstabilisation du pays.
« Je ne peux comprendre que des Congolais veuillent voir ce qui se vit actuellement à Goma et à Bukavu, avec des populations traumatisées au quotidien par un esclavage ignoble, s’étendre sur l’ensemble du pays par le biais du dialogue. Pire encore est l’implication de certains évêques congolais dans un schéma suicidaire de pérennisation d’un système de prédation en RDC, au point d’offrir une collaboration consciente avec ceux qui déstabilisent l’État congolais et tuent les Congolais depuis 1996 », a-t-il déclaré.
Un appel à l’unité nationale
Face aux défis sécuritaires, notamment l’insécurité persistante dans l’Est, le pillage des ressources minières et l’occupation de certains territoires, Ghislain Bamuangayi Kalumbi appelle les Congolais à se rassembler autour d’un projet commun de défense de la souveraineté nationale.
Il estime que le pays doit d’abord se réorganiser sur le plan interne afin de renforcer ses capacités militaires, technologiques et économiques.
« Nous devons prendre conscience de nos faiblesses et nous réorganiser avant tout en interne pour des objectifs de défense de notre souveraineté et de puissance militaire, technologique et économique en Afrique et dans le monde. Nous sommes déjà sur la bonne voie avec les avancées enregistrées dans les secteurs des infrastructures routières, aéroportuaires, hospitalières, de la couverture santé universelle, de la gratuité de l’enseignement, de la justice, du Service national et de la couverture énergétique », a-t-il affirmé.
Les priorités qu’il souhaite voir abordées
L’analyste politique propose que le futur dialogue accorde une attention particulière à plusieurs réformes qu’il juge prioritaires.
Il plaide notamment pour la réhabilitation de la justice, en particulier de la justice militaire, afin de renforcer l’État de droit et d’intensifier la lutte contre la corruption, les détournements de deniers publics, l’espionnage et la trahison.
Il appelle également à une réforme en profondeur des forces de défense et de sécurité. Parmi les mesures qu’il préconise figurent un recensement rigoureux des effectifs, des sanctions contre les auteurs de trahison, la mise à la retraite des officiers généraux jugés improductifs, le renforcement du Service national, la création d’écoles et d’académies militaires, le développement des infrastructures sanitaires et de l’industrie de défense, le renforcement des équipements militaires ainsi que l’implication des forces armées dans certains secteurs stratégiques, notamment la gestion des ressources minières sensibles et la réalisation d’infrastructures dans les zones affectées par les conflits.
À travers cette prise de position, Ghislain Bamuangayi Kalumbi affirme vouloir placer la défense de la souveraineté nationale et le renforcement des institutions au centre des discussions autour du futur dialogue national inclusif.