À la une
Ebola à Goma : Kinshasa accuse Kigali d’entraver la riposte sanitaire

Ebola à Goma : Kinshasa accuse Kigali d’entraver la riposte sanitaire

Le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a critiqué la décision du Rwanda de fermer sa frontière avec…

E
Par Emmanuel Kalasa Publié le 20/05/2026 à 22:50
2 min

Le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a critiqué la décision du Rwanda de fermer sa frontière avec la République démocratique du Congo dans le contexte de l’épidémie d’Ebola signalée à Goma, au Nord-Kivu.

Invité sur France 24, le ministre congolais a estimé que cette mesure constitue une violation des règlements sanitaires internationaux et ne représente pas une réponse appropriée face à la maladie.

« Le Rwanda, en violation du règlement international en la matière, a décidé de fermer ses frontières », a déclaré Patrick Muyaya, avant de rappeler qu’Ebola ne se transmet pas comme une maladie respiratoire. « On ne se protège pas en fermant les frontières, on se protège en prenant des mesures. Ce n’est pas une maladie respiratoire. Nous avons connu dans le passé plusieurs cas d’Ebola, jamais nous n’avons fermé les frontières », a-t-il insisté.

Le ministre a également évoqué les difficultés auxquelles les autorités sanitaires congolaises font face dans l’organisation de la riposte à Goma, une ville actuellement sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda, selon Kinshasa.

« Si nous parlons de Goma, d’abord l’aéroport est fermé. Si d’aventure le Rwanda ferme la frontière alors qu’il pouvait faire le choix d’utiliser des mesures de santé publique pour éviter la transmission, c’est révélateur », a-t-il affirmé.

Patrick Muyaya a par ailleurs dénoncé les conséquences sécuritaires et sanitaires de cette situation sur la population locale. « Ils n’ont aucune considération ni pour la sécurité, ni pour la protection de la population qui se trouve là-bas », a-t-il ajouté.

Malgré les contraintes logistiques, le gouvernement congolais assure poursuivre les efforts de surveillance et d’intervention avec l’appui de ses partenaires sanitaires. Le ministre a expliqué que la fermeture de l’aéroport complique notamment l’acheminement des experts et le transfert des échantillons vers des structures spécialisées pour des analyses approfondies.

« Nous avons plusieurs moyens d’intervenir avec nos partenaires, mais regardez : si nous devons envoyer des experts depuis Kinshasa, ou recevoir des échantillons, alors qu’il y a un laboratoire de l’INRB à Goma pour établir la souche du virus, cela devient extrêmement compliqué », a-t-il expliqué.

Les autorités sanitaires congolaises poursuivent actuellement les investigations afin de contenir la propagation de la maladie et d’identifier précisément la souche du virus Ebola détectée dans la région.

Plus dans actualité