À la une
Ebola en RDC et en Ouganda : « Il n’y a pas besoin de restrictions », affirme le chef de l’OMS

Ebola en RDC et en Ouganda : « Il n’y a pas besoin de restrictions », affirme le chef de l’OMS

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué lundi la stratégie de réponse mise en œuvre par l’Ouganda…

C
Par congopresse Publié le 09/06/2026 à 10:20
3 min

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué lundi la stratégie de réponse mise en œuvre par l’Ouganda contre l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement le pays, tout en soulignant les risques liés à la propagation transfrontalière du virus depuis la République démocratique du Congo (RDC).

L’Ouganda a enregistré à ce jour 19 cas confirmés, dont deux décès, selon les données communiquées par l’OMS. Parmi ces cas, 14 concernent des personnes arrivées de la RDC et cinq des ressortissants ougandais. L’organisation a également signalé un cas probable, décédé.

En comparaison, la situation est plus critique en RDC, épicentre de l’épidémie déclarée le 15 mai dernier, la 17e enregistrée dans ce pays de plus de 100 millions d’habitants. L’OMS y recense 515 cas confirmés, dont 91 décès. Le chef de l’institution onusienne s’est rendu dans le pays ces derniers jours pour évaluer la réponse sanitaire.

En déplacement en Ouganda, Tedros Adhanom Ghebreyesus a salué les performances du pays dans la prise en charge des patients. « Le taux de réussite dans la prise en charge d’Ebola en Ouganda a été bon », a-t-il déclaré, ajoutant que « grâce à l’expérience acquise dans la gestion des urgences de santé publique, le taux de létalité est inférieur à 1% ».

Le directeur général de l’OMS a également mis en avant une décision gouvernementale jugée déterminante : l’annulation des célébrations de la Journée des Martyrs, le 3 juin, un événement qui attire habituellement de larges foules dans la région. Selon lui, cette mesure a permis de limiter la propagation du virus.

« C’était une décision judicieuse, car Ebola se propage rapidement lors de tels rassemblements. Nous comptons actuellement 19 cas, et si la célébration de la Journée des Martyrs avait eu lieu, nous serions maintenant à trois chiffres », a-t-il averti, à l’issue d’une rencontre avec le président ougandais Yoweri Museveni.

Les discussions ont également porté sur la coopération transfrontalière dans la gestion de l’épidémie. Tedros Adhanom Ghebreyesus a insisté sur la nécessité d’éviter les restrictions générales de déplacement, estimant qu’elles peuvent affecter l’économie, et plaidé pour une stratégie ciblée sur les zones d’origine de la contagion.

Dans le même temps, les autorités sanitaires internationales observent avec attention les mesures prises au niveau régional et international. Le 5 juin, les Émirats arabes unis ont annoncé le renforcement de leurs dispositifs de précaution pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, incluant des restrictions de visa et des contrôles renforcés.

L’OMS rappelle que l’épidémie a déclenché une alerte sanitaire internationale, avec un niveau de risque jugé très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial. L’organisation, aux côtés de l’agence sanitaire de l’Union africaine, a par ailleurs lancé un plan d’intervention de 518 millions de dollars pour les six prochains mois, visant à renforcer la surveillance, les capacités de laboratoire et la prévention des infections.

L’épicentre de l’épidémie en RDC reste la province de l’Ituri, une zone confrontée à des défis logistiques majeurs, notamment l’insécurité persistante et la difficulté d’accès liée à l’état des infrastructures routières.

La souche Bundibugyo, à l’origine de cette flambée, ne dispose actuellement ni de vaccin ni de traitement homologué, ce qui complique davantage la riposte. L’OMS se veut néanmoins optimiste quant à l’issue de la situation, misant sur la coordination internationale et l’expérience acquise lors des précédentes crises sanitaires.

« Grâce à une collaboration continue, je suis convaincu que cette épidémie pourra être maîtrisée », a conclu Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plus dans actualité