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Plus de sept ans après l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, la question de la gouvernance publique et de la gestion des finances…
Plus de sept ans après l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, la question de la gouvernance publique et de la gestion des finances de l’État demeure au centre des préoccupations des Congolais. Dans une tribune libre, Neyker-Shalom Tokolo Pokotoy, chercheur en droit public interne et analyste politique, livre une lecture critique de l’action gouvernementale, pointant notamment ce qu’il considère comme un déficit de contrôle technique et une insuffisance de sanctions face aux présumés détournements des deniers publics.
Selon l’analyste, l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019 avait suscité de grands espoirs au sein de la population, qui attendait une rupture avec certaines pratiques dénoncées sous les régimes précédents. Cependant, estime-t-il, les tensions politiques au sein de la coalition FCC-CACH ainsi que plusieurs affaires financières controversées ont progressivement entamé cette confiance.
Neyker-Shalom Tokolo Pokotoy cite notamment le « procès des 100 jours », qui a marqué les débuts du premier mandat du Chef de l’État, ainsi que les différentes alertes formulées au fil des années par l’Inspection générale des finances (IGF), la Cour des comptes et d’autres organes de contrôle sur la gestion des ressources publiques.
Pour le chercheur, la principale faiblesse du système actuel ne résiderait pas nécessairement dans un manque de volonté politique du Président de la République, mais plutôt dans l’insuffisance des mécanismes d’évaluation, de contrôle et de sanction à l’égard des gestionnaires publics mis en cause pour des faits de mauvaise gouvernance.
L’analyste estime également que plusieurs programmes financés par l’État, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’assainissement urbain et du développement local, n’ont pas toujours produit les résultats escomptés malgré les moyens engagés. Une situation qui, selon lui, alimente le mécontentement populaire et fragilise davantage la confiance des citoyens envers les institutions.
Se référant à une récente vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle le Président de la République exprime son insatisfaction quant à l’état de certains travaux publics à Kinshasa, Neyker-Shalom Tokolo Pokotoy considère que cette réaction traduit une prise de conscience du décalage entre les ambitions affichées au sommet de l’État et leur concrétisation sur le terrain.
Face à ce constat, il recommande au Chef de l’État de multiplier les missions d’inspection à travers le pays, de renforcer les mécanismes d’évaluation des projets publics et de promouvoir une culture de redevabilité plus rigoureuse au sein de l’administration publique.
Selon lui, la lutte contre la mauvaise gestion des ressources publiques passe avant tout par un contrôle technique permanent, des audits indépendants et l’application effective de sanctions à l’encontre des responsables reconnus coupables de fautes de gestion.
Pour l’analyste, la crédibilité du pouvoir dépendra largement de sa capacité à démontrer que les ressources de l’État sont utilisées au profit de la population et que les auteurs de malversations, lorsqu’elles sont établies, répondent effectivement de leurs actes devant les instances compétentes.
Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par des débats récurrents sur la gouvernance, la transparence et l’efficacité de l’action publique en République démocratique du Congo.