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Iran, Israël et États-Unis : comprendre l’origine historique d’un conflit géopolitique explosif (Analyse d’Albert-Raphaël Ahindo)

Iran, Israël et États-Unis : comprendre l’origine historique d’un conflit géopolitique explosif (Analyse d’Albert-Raphaël Ahindo)

Le Moyen-Orient demeure, depuis plusieurs décennies, l’un des épicentres des tensions géopolitiques mondiales. Au cœur de cette instabilité persistante se trouve un triangle conflictuel devenu…

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Par congopresse Publié le 23/05/2026 à 00:01
4 min

Le Moyen-Orient demeure, depuis plusieurs décennies, l’un des épicentres des tensions géopolitiques mondiales. Au cœur de cette instabilité persistante se trouve un triangle conflictuel devenu historique : l’Iran, Israël et les États-Unis. Une rivalité idéologique, militaire et diplomatique dont les racines plongent dans la révolution islamique iranienne de 1979, événement qui a profondément bouleversé l’équilibre stratégique de la région.

Avant cette rupture historique, l’Iran entretenait pourtant des relations étroites avec Washington et l’État hébreu. Sous le règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi, allié privilégié des Américains durant la Guerre froide, Téhéran était considéré par les États-Unis comme un rempart stratégique contre l’expansion soviétique au Moyen-Orient. Israël, de son côté, développait discrètement mais solidement ses relations avec le régime impérial iranien.

Cependant, derrière cette apparente stabilité diplomatique grandissait une profonde contestation populaire. Une partie importante de la société iranienne dénonçait la dépendance du pays envers les puissances occidentales, particulièrement l’influence américaine dans les affaires internes de l’Iran. L’autoritarisme du Shah, soutenu par la redoutable police politique SAVAK, alimentait également une colère populaire devenue incontrôlable.

L’année 1979 marquera alors un tournant décisif dans l’histoire contemporaine du Moyen-Orient. Sous la conduite de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, la révolution islamique renverse le Shah et instaure la République islamique d’Iran, un régime théocratique fondé sur l’islam chiite révolutionnaire. Dès son installation au pouvoir, le nouveau régime adopte une posture radicalement hostile envers Washington et Tel-Aviv.

Les États-Unis sont désormais qualifiés de « Grand Satan », tandis qu’Israël est présenté comme un « ennemi illégitime » et l’incarnation de l’influence occidentale dans la région. La rupture devient irréversible lorsque des étudiants islamistes prennent en otage des diplomates américains à l’ambassade des États-Unis à Téhéran entre 1979 et 1981. Cette crise spectaculaire humilie Washington et détruit durablement les relations irano-américaines.

Dans la foulée de cette révolution, l’Iran adopte également une ligne politique ouvertement hostile envers Israël. Refusant de reconnaître l’État israélien, Téhéran se positionne comme défenseur de la cause palestinienne et apporte progressivement son soutien financier, militaire et idéologique à plusieurs mouvements armés hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais, puis plus tard le Hamas.

Face à cette nouvelle doctrine iranienne, Israël considère désormais l’Iran comme sa principale menace stratégique. Les inquiétudes israéliennes se concentrent particulièrement sur le programme nucléaire iranien, le développement de missiles balistiques ainsi que l’expansion de l’influence militaire iranienne en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen.

Ainsi naît progressivement une guerre indirecte, souvent qualifiée de « guerre par procuration ». Les États-Unis, principaux alliés d’Israël au Moyen-Orient, multiplient les sanctions économiques contre Téhéran, accentuent les pressions diplomatiques et soutiennent des opérations militaires indirectes visant les réseaux alliés à l’Iran dans plusieurs pays de la région.

L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par une frappe américaine en janvier 2020 illustre parfaitement cette confrontation larvée entre Washington et Téhéran. Depuis lors, les tensions n’ont cessé de s’intensifier à travers des affrontements indirects en Syrie, en Irak ou encore dans le Golfe persique.

Mais au-delà des conflits militaires et des rivalités diplomatiques, une figure domine depuis plus de trois décennies la stratégie iranienne : celle d’Ali Khamenei.

Successeur de l’ayatollah Rouhollah Khomeini après sa mort en 1989, Ali Khamenei est devenu l’autorité politique, militaire et religieuse suprême de l’Iran. À travers cette fonction, il contrôle les forces armées, supervise les Gardiens de la révolution et oriente les grandes décisions diplomatiques et nucléaires du pays.

Sous son règne, le régime islamique s’est considérablement consolidé. Khamenei a renforcé l’appareil sécuritaire, limité les oppositions internes et maintenu une ligne idéologique particulièrement ferme contre Washington et Tel-Aviv, considérés comme des adversaires stratégiques de la République islamique.

Dans cette logique, l’Iran a étendu son influence régionale en soutenant plusieurs mouvements alliés : le Hezbollah au Liban, certaines milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen ainsi que le régime syrien de Bachar al-Assad. Une stratégie régionale qui permet à Téhéran d’exercer son influence sans s’engager directement dans une guerre ouverte contre Israël ou les États-Unis.

Aujourd’hui encore, ce conflit triangulaire continue de façonner l’équilibre géopolitique mondial. Derrière les affrontements militaires, les sanctions économiques et les discours idéologiques, se joue en réalité une lutte d’influence majeure pour le contrôle stratégique du Moyen-Orient.

Et tant que les intérêts sécuritaires, religieux et géopolitiques des uns et des autres demeureront inconciliables, la paix dans cette région du monde restera un horizon encore lointain.

Mots-clés : Iran ISRAËL Usa

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