À la une
Ousmane Sonko : « Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans violence »

Ousmane Sonko : « Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans violence »

Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans violence et sans effondrement institutionnel, a affirmé le nouveau président de l’Assemblée…

A
Par Albert-Raphael Ahindo Publié le 26/05/2026 à 18:40
4 min

Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans violence et sans effondrement institutionnel, a affirmé le nouveau président de l’Assemblée nationale lors de sa prise de parole après son élection, mardi à Dakar, capitale du pays, selon de source de la télévision d’État C360 citant Ousmane Sonko.

À en croire les propos de l’ex-chef du gouvernement sénégalais, l’argent de cette deuxième institution du pays ne servira pas à nourrir des vendettas personnelles. « Ce serait trahir le combat propre au parti Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité ».

Face à ce qu’il qualifie de désordre, l’ancien Premier ministre a également affirmé : « Je le dis avec la même clarté : l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action du gouvernement et usera, de manière responsable mais tout aussi ferme, de tous les leviers de contrôle pouvant être constitués selon la gravité des faits et des circonstances. »

 

Portrait de Sonko :

Né le 15 juillet 1974 à Thiès, Ousmane Sonko est le fondateur du parti PASTEF, acronyme de Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité. Ancien inspecteur des impôts et domaines, il s’est progressivement imposé comme l’une des figures majeures de l’opposition sénégalaise avant d’accéder au pouvoir en 2024.

Originaire de la région de la Casamance, dans le sud du Sénégal, bien qu’il soit né à Thiès, Ousmane Sonko est issu d’un père originaire de Casamance et d’une mère venant de Khombole, dans le Baol. Il passe une partie de son enfance à Sébikotane puis en Casamance, une région historiquement marquée par des revendications identitaires et des difficultés économiques.

Après ses études secondaires, il intègre l’Université Gaston Berger de Saint-Louis où il étudie le droit public. Il fréquente ensuite l’École nationale d’administration du Sénégal afin de devenir inspecteur des impôts et domaines.

C’est à partir de 2016 qu’il acquiert une forte notoriété nationale en dénonçant publiquement des affaires présumées de corruption et d’évasion fiscale impliquant des personnalités proches du pouvoir du président Macky Sall. Son discours contre la corruption, contre le système politique traditionnel et en faveur de la souveraineté économique séduit particulièrement la jeunesse sénégalaise.

En 2014, il fonde le parti PASTEF avec plusieurs jeunes cadres sénégalais. Lors de l’élection présidentielle de 2019, il termine troisième avec environ 15 % des suffrages, confirmant ainsi sa montée en puissance sur l’échiquier politique sénégalais.

 

Sa popularité repose notamment sur :

un discours nationaliste et panafricaniste,la dénonciation de la corruption,la critique de l’influence française en Afrique ,la défense des ressources naturelles sénégalaises ,son image d’homme proche du peuple et de la jeunesse.

De nombreux jeunes Sénégalais voyaient en lui une alternative crédible au système politique classique. Sa popularité s’est davantage renforcée après plusieurs affaires judiciaires qu’il dénonçait comme des manœuvres politiques destinées à empêcher sa candidature à l’élection présidentielle. Ces tensions ont provoqué d’importantes manifestations au Sénégal entre 2021 et 2023.

En 2024, empêché de se présenter à l’élection présidentielle en raison de ses condamnations judiciaires, il choisit alors son allié politique Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution. Ce dernier remporte l’élection présidentielle de mars 2024, après quoi Ousmane Sonko est nommé Premier ministre du Sénégal.

À la suite de profonds désaccords politiques avec le président Bassirou Diomaye Faye, ce dernier décide finalement de le limoger de ses fonctions de Premier ministre et nomme Ahmadou Al Aminou Mohamed pour lui succéder.

Ancien maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko choisit alors de réintégrer son siège de député à l’Assemblée nationale. Quelques heures après sa réinstallation, il est élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur les 165 que compte l’institution, en remplacement de son allié politique Malick Ndiaye, membre du PASTEF, qui accepte de lui céder la présidence de cette chambre parlementaire.

Plus dans actualité