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Dix ans après la disparition de Papa Wemba, Moïse Moni Della évoque un mentor discret
Moïse Moni Della, président du parti Conade, co-fondateur de l’UDPS et ancien vice-ministre de l’Information

Dix ans après la disparition de Papa Wemba, Moïse Moni Della évoque un mentor discret

Dix ans après la disparition de Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pena Kikumba, l’émotion reste intacte. En ce 24 avril 2026,…

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Par Elohim mfinda Publié le 27/04/2026 à 17:23
2 min

Dix ans après la disparition de Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pena Kikumba, l’émotion reste intacte. En ce 24 avril 2026, la République démocratique du Congo se souvient d’un artiste d’exception, emporté sur scène à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans un moment qui a figé tout un continent.

Mais réduire Papa Wemba à son immense carrière musicale serait passer à côté de l’essentiel. Derrière la star internationale, auteur de titres devenus classiques comme Esclave ou Phrase, se dessinait une figure plus profonde : celle d’un homme engagé, lucide, et attentif aux dynamiques sociales et politiques de son pays.

Le témoignage de Moïse Moni Della, président du parti Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE), apporte à cet égard un éclairage précieux. Il rappelle une rencontre en 2002, en région parisienne, au cours de laquelle Papa Wemba, après un échange professionnel, orienta la discussion vers la situation politique du pays. Son conseil était clair : pour exister pleinement et peser réellement, il fallait s’engager sur le terrain politique en République démocratique du Congo.

Ce positionnement n’avait rien d’anecdotique. Il traduisait une compréhension fine du rôle que peuvent jouer les élites, y compris culturelles, dans la transformation d’une société. Papa Wemba ne se contentait pas d’observer son époque ; il la commentait, l’analysait, et encourageait d’autres à y prendre part activement.

L’évocation de Jean-Claude Vuemba, dit “Joli Coco”, dont il disait suivre avec fierté le parcours, illustre cette posture de mentor discret. À travers ces gestes et ces paroles, se dessine le portrait d’un artiste qui assumait pleinement une responsabilité sociale, loin des clichés qui ont longtemps réduit les musiciens congolais à des figures légères ou marginales.

En réalité, la rumba congolaise — inscrite dans l’ADN culturel du pays — a toujours été un miroir de la société. Elle en capte les tensions, les espoirs et les contradictions. Papa Wemba en fut l’un des plus brillants interprètes, mais aussi l’un des penseurs implicites.

Dix ans après sa disparition, son héritage dépasse largement le cadre artistique. Il réside dans cette capacité à inspirer, à conseiller, à orienter — notamment la jeunesse — dans un contexte souvent marqué par l’incertitude. Il réside aussi dans cette conviction que la culture peut être un levier d’engagement et de transformation.

Se souvenir de Papa Wemba aujourd’hui, ce n’est pas seulement célébrer une voix ou un style. C’est reconnaître la portée d’une influence, celle d’un homme qui, jusqu’à son dernier souffle, aura été à la fois artiste, repère et éclaireur.

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