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Une controverse a éclaté à Gemena chef-lieu de la province du Sud Ubangi ce samedi, 18 avril 2026 suite aux accusations de détournement de matériels…
Une controverse a éclaté à Gemena chef-lieu de la province du Sud Ubangi ce samedi, 18 avril 2026 suite aux accusations de détournement de matériels informatiques destinés au secteur éducatif. À l’origine, un élu local met en cause la gestion d’un don attribué à l’Agence belge de développement (ENABEL), qui rejette catégoriquement ces allégations.
Le conseiller communal de Lac Ndumba, Freddy Ndubungala, affirme que plus de 200 ordinateurs portables, 200 imprimantes et 200 power banks auraient été détournés avant d’atteindre leurs destinataires.
Selon lui, ces équipements, présentés comme un appui de l’Agence belge de développement (ENABEL), étaient destinés aux 20 sous-divisions provinciales des provinces éducationnelles Sud-Ubangi 1 et 2. L’objectif annoncé était de renforcer les capacités du sous-secteur de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, notamment dans le domaine des technologies de l’information. Il soutient également que certains responsables éducatifs, notamment les sous-PROVED, auraient signé des documents attestant la réception de ces matériels sans en avoir effectivement bénéficié.
Face à cette situation, il appelle les autorités provinciales, dont le gouverneur intérimaire Jean-René Galekwa Vundawe, à ouvrir une enquête afin de faire toute la lumière sur ce dossier.
Contacté par Congopresse.cd, le staff du projet Éducation de base de ENABEL à Gemena rejette en bloc ces accusations. Les responsables affirment qu’aucune distribution de kits informatiques n’a été effectuée au profit des sous-divisions mentionnées. Ils expliquent que l’activité évoquée correspond en réalité à un atelier de formation des sous-PROVED, consacré au renforcement des capacités en collecte des données.
Organisée par la cellule de planification de la Division provinciale de l’Éducation, avec un appui logistique d’ENABEL notamment (location de salle et restauration), cette formation s’est tenue du 30 mars au 2 avril 2026 dans la salle de l’espace 155 à Gemena.
Selon les organisateurs, les participants ont signé des listes de présence standardisées, comportant des colonnes relatives aux objets reçus lors des formations. Toutefois, aucun matériel n’ayant été distribué, ces rubriques n’ont pas été complétées. « Cette situation pourrait avoir été mal interprétée, soit par certains participants, soit dans la communication relayée », expliquent les responsables du projet.
Une intervention limitée à Gemena 1 et 2
ENABEL précise en outre que ses activités dans la zone concernent uniquement les sous-divisions de Gemena 1 et Gemena 2, contrairement aux affirmations faisant état d’une couverture élargie à l’ensemble de la province.
En l’absence, à ce stade, d’une réaction officielle des autorités provinciales, cette affaire souligne l’importance d’une vérification rigoureuse des informations ainsi qu’une meilleure communication entre les acteurs du secteur éducatif.
Une éventuelle enquête pourrait permettre d’établir les responsabilités et de clarifier définitivement les faits.
De son côté, le ministre provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a également réagi, affirmant que le partenaire technique n’a pas livré de don important aux sous-divisions, contrairement aux allégations relayées et estime que ces accusations sont infondées et déplore le manque de vérification préalable des informations avant leur diffusion publique.
Il indique par ailleurs que le gouvernement provincial se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre l’élu local, qu’il accuse d’avoir tenu des propos non vérifiés et de nature à porter atteinte à la réputation des institutions impliquées.