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Une importante mobilisation politique s’est tenue ce lundi 4 mai dans les rues de Kinshasa, à l’initiative du parti présidentiel et de ses alliés. Objectif…
Une importante mobilisation politique s’est tenue ce lundi 4 mai dans les rues de Kinshasa, à l’initiative du parti présidentiel et de ses alliés. Objectif : afficher un soutien aux sanctions américaines visant l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, accusé par Washington et les autorités congolaises d’entretenir des liens avec les rebelles de l’est du pays.
Cette démonstration de force intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les accusations portées contre l’ex-président ainsi que par le rapprochement stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Une mobilisation massive malgré la pluie
Initialement prévue en début de matinée, la marche a connu un léger retard en raison de la pluie. Ce n’est que peu avant 11 heures que des milliers de manifestants ont commencé à converger vers la première rue du boulevard Lumumba.
Au fil des heures, la foule s’est densifiée, rassemblant militants du parti présidentiel, formations politiques de la majorité ainsi que des fidèles issus de mouvements religieux, notamment des églises évangéliques. Une mobilisation hétéroclite mais unie autour d’un message politique commun.
Des slogans virulents contre Joseph Kabila
Dans le cortège, les slogans scandés ne laissent place à aucune ambiguïté. « Kabila maîtrisé, Kabila neutralisé, Kabila bientôt aux arrêts », répètent en chœur des manifestants, exprimant leur adhésion aux sanctions prises par les États-Unis.
Certains participants arborent des drapeaux de leurs partis politiques, tandis que d’autres, vêtus de blanc, brandissent des pancartes affichant des messages de soutien à Washington.
Un contexte politique sous tension
Cette mobilisation intervient alors que les autorités congolaises accusent l’ancien président Joseph Kabila de soutenir l’AFC/M23, un mouvement rebelle actif dans l’est du pays. Des accusations qui renforcent les tensions politiques internes.
Parallèlement, le gouvernement congolais a récemment conclu un accord minier avec les États-Unis, incluant un volet sécuritaire. Certains opposants évoquent notamment des soupçons liés à une éventuelle tentative de modification constitutionnelle, une hypothèse rejetée par plusieurs figures politiques.
Des appels isolés à une révision constitutionnelle
Au sein même de la marche, quelques voix se sont élevées pour réclamer un changement de Constitution. Un sujet sensible rapidement écarté par certains responsables politiques présents.
« Ce n’est pas le sujet à l’ordre du jour », a tenu à préciser un chef de parti, entouré de ses militants, visiblement soucieux de recentrer la mobilisation sur son objectif principal.
Une marche à forte portée symbolique
Le cortège s’est dirigé vers le Palais du Peuple, point de chute de la manifestation. Une délégation restreinte devait ensuite se rendre à l’ambassade des États-Unis pour y déposer un mémorandum, dont le contenu n’a pas été rendu public.
À travers cette mobilisation, le camp présidentiel entend afficher son alignement avec la position américaine et renforcer son discours sécuritaire face à la crise persistante dans l’est du pays.
Cette démonstration de rue illustre, une fois de plus, les profondes lignes de fracture qui traversent la scène politique congolaise.